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Bruno Lebrun (Laboratoire de Physiologie et Physiopathologie du Système Nerveux Somato-Moteur et Neurovégétatif))

Les cellules gliales : des acteurs de poids dans le contrôle de l’homéostasie énergétique

Alors que depuis deux décennies, les efforts se concentrent sur l’identification des réseaux neuronaux de l’hypothalamus et du complexe vagal dorsal (CVD) impliqués dans la régulation homéostatique de la balance énergétique, nous avons choisi de tester l’hypothèse de l’implication des cellules gliales dans ces régulations. Dans ce contexte, nous nous intéressons particulièrement aux endozépines. Les endozépines sont connues pour induire un effet anorexigène, indépendamment de leur action sur les récepteurs des benzodiazépines. Nous avons montré que les endozépines sont exprimées par plusieurs populations gliales dans l’hypothalamus et le CVD, à des niveaux dépendant du statut nutritionnel. De façon intéressante, nous avons observé, chez des souris rendues résistantes à la leptine par une nourriture enrichie en graisses, qu’un traitement central par les endozépines permet de normaliser la sensibilité à la leptine et de supprimer l’hyperphagie et le surpoids de ces souris. Cette action impliquerait une augmentation du transport de la leptine vers le parenchyme cérébral et ceci via une sous population gliale particulière les tanycytes. Parallèlement, nous recherchons par quel(s) mécanisme(s) les cellules gliales de l’hypothalamus et du CVD peuvent libérer des substances susceptibles de modifier la balance énergétique. Les connexines Cx43 exprimées par les cellules gliales et formant non seulement des jonctions communicantes mais également des hémi-canaux connus pour permettre l’émission de gliotransmetteurs sont des candidates potentielles. Le niveau d’expression de Cx43 dans l’hypothalamus et le CVD est fonction du statut nutritionnel. L’administration centrale d’un agent pharmacologique empêchant sélectivement l’ouverture des hémi-canaux de Cx43 entraîne un fort effet anorexigène et recrute les neurocircuiteries anorexigènes de l’hypothalamus et du CVD. Ces résultats suggèrent que les cellules gliales peuvent également émettrent de façon tonique des gliotransmetteurs orexigènes via les hémi-canaux Cx43. A la lumière de ces résultats, nous pensons que le compartiment glial doit être pris en compte dans l’étude du contrôle de l’homéostasie énergétique, et nous développons actuellement plusieurs modèles génétiques pour conforter nos observations. A terme, nous pensons qu’une meilleure compréhension du compartiment glial de l’hypothalamus et de CVD est susceptible de fournir des pistes thérapeutiques originales pour lutter contre les dérèglements de la balance énergétique.